Le Comité antifasciste du 3ᵉ arrondissement de Marseille est un collectif d’habitantes, d’habitants et de personnes solidaires qui s’organisent contre l’extrême droite, le racisme, les discriminations et toutes les formes d’oppression qui touchent les quartiers populaires. Il entend également contribuer aux réflexions et aux mobilisations sur les réalités sociales et politiques vécues par les habitants du 3ᵉ arrondissement.
C’est dans cette perspective qu’il a organisé, le 23 mars 2026 à la Fraternité de la belle de mai, une discussion publique autour des questions du trafic de drogue et de la répression policière.
Cette rencontre n’est pas née par hasard. Elle est liée aux violences, aux drames et aux stigmatisations qui frappent les quartiers populaires du 3ᵉ arrondissement depuis de nombreuses années. À chaque fusillade, à chaque fait divers, les mêmes réponses reviennent : plus de police, plus de caméras, plus de contrôles, plus de répression. Les responsables politiques, les médias dominants et l’extrême droite exploitent ces situations pour imposer leur agenda sécuritaire, tout en ignorant les causes profondes de cette réalité.
Le 3ᵉ arrondissement n’est pas devenu un symbole des trafics par hasard. Il figure parmi les territoires les plus pauvres de Marseille et de France. Depuis des décennies, les pouvoirs publics abandonnent ces quartiers tout en y concentrant les interventions policières. Là où il manque des écoles, des équipements publics, des emplois et des logements dignes, les réponses apportées sont les contrôles, les caméras et les opérations coup de poing. La misère est traitée comme un problème d’ordre public plutôt que comme une injustice sociale. Cette logique ne résout rien ; elle entretient au contraire les conditions qui permettent aux trafics de se développer.
Derrière les discours sur la « guerre contre le trafic » se cache une réalité sociale que beaucoup préfèrent ignorer. Le chômage, la précarité, le racisme, les discriminations, le recul des services publics et l’absence de perspectives frappent durement les habitants des quartiers populaires. Pourtant, au lieu de répondre à ces problèmes, l’État poursuit une fuite en avant répressive.
Depuis des années, les opérations policières se multiplient sans que les conditions de vie ne s’améliorent. Les descentes de police, les contrôles au faciès, les humiliations quotidiennes et la pression sécuritaire sont devenus une réalité banale pour de nombreux habitants. Cette répression ne fait qu’ajouter de la violence à la violence et nourrit un climat de peur et de division.
Le Comité antifasciste du 3ᵉ arrondissement refuse de laisser ces questions être confisquées par ceux qui n’ont à proposer que davantage de répression. Il refuse également le silence et choisit d’en débattre collectivement. Il est nécessaire de pouvoir discuter ouvertement du trafic de drogue, de ses conséquences et de son enracinement dans un système qui produit la misère, tout en dénonçant les politiques sécuritaires qui prétendent résoudre ces problèmes à coups de surveillance, de contrôles et de criminalisation.
Cette soirée avait pour objectif de créer un espace de parole, d’écoute et de réflexion collective. Un espace où les premiers concernés puissent s’exprimer, où les expériences de chacun puissent être partagées et où il soit possible de construire une analyse politique qui ne tombe ni dans la stigmatisation des quartiers populaires ni dans les fantasmes sécuritaires.
Face aux discours qui opposent les habitants les uns aux autres, le Comité défend l’organisation collective et la solidarité. Il interpelle les responsables politiques qui, plutôt que de combattre les inégalités sociales, privilégient des réponses répressives qui criminalisent celles et ceux qui en subissent déjà les conséquences.
Parler de ces réalités, les analyser et s’organiser collectivement pour y faire face est une nécessité. Les habitants refusent de voir leur quartier réduit à une zone de non-droit ou à un terrain d’expérimentation policière. Le Comité antifasciste du 3ᵉ arrondissement entend faire vivre des espaces de discussion, de résistance et de solidarité contre la précarité, le racisme systémique, les violences policières et la montée des politiques autoritaires.
Parce que le silence ne protège personne. Parce que la répression ne résout rien. Parce que la dignité, l’égalité et la justice sociale sont les seules réponses capables de construire un avenir pour les quartiers populaires.
