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Hommage à Françoise Ega
Figure des luttes migrantes et féministes

Le comité MamEga organise deux journées dédiées à Françoise Ega dans le cadre de la Semaine des droits des femmes, à l’Espace culturel de la Busserine, qui célèbre cette année ses 40 ans. Cette initiative rend hommage à une figure emblématique des luttes migrantes, féministes et populaires du quartier de la Busserine.

Une vie d’engagement

Françoise Ega est née en 1920 au Morne-Rouge en Martinique et décédée en 1976 à Marseille, Elle incarne l’engagement infatigable pour l’égalité sociale et la justice dans les quartiers populaires.

Arrivée à Marseille dans les années 1950 après son mariage à Paris, elle s’installe à la Busserine, où elle travaille comme femme de ménage tout en s’investissant profondément dans la communauté antillaise de la ville. Elle met en place des ateliers de soutien scolaire et des cours de catéchisme, participe à la création de l’Amicale des travailleurs antillais et guyanais (AMITAG) et de l’Association culturelle et sportive antillo-guyanaise (ACSAG) pour accompagner les nouveaux arrivants venant des Antilles et de la Guyane.

Aux côtés de Séverin Montarello, elle contribue à la création de l’Espace culturel de la Busserine et milite pour la préservation des espaces publics : parcs, piscines et stades.

Après sa disparition, une plaque commémorative a été apposée au Centre culturel, et le comité MamEga a vu le jour pour entretenir sa mémoire et faire vivre son œuvre.

Le 12 avril 2019, la ville de Marseille rend hommage à Françoise Ega en donnant son nom à une rue du 14e arrondissement. Ses écrits, redécouverts et réédités, témoignent d’une pensée précoce et lucide sur l’exploitation, le racisme et l’aliénation postcoloniale, donnant une voix politique et littéraire aux femmes antillaises en métropole dans l’après-guerre.

Une œuvre littéraire militante

 Le temps des madras (1966), c’est évocation des héritages de l’esclavage et de leurs répercussions dans la société martiniquaise.

 Lettres à une Noire (publié en 1968, réédité en 2021), elle dénonce de l’exploitation des jeunes Antillaises employées comme domestiques en France.

 L’alizé ne soufflait plus (2000), dans ce récit se mêle l’amour, les inégalités sociales et la condition féminine dans un monde marqué par la guerre et le patriarcat.

Par ces œuvres, Françoise Ega fait de la littérature une arme d’émancipation et d’universalité, proche des féminismes noirs et des luttes sociales. Elle porte la parole des femmes, des migrants et des habitants des quartiers populaires, transformant son œuvre, bien que partielle, en un acte politique majeur et en un geste littéraire de résistance.

Une résonance internationale

L’événement souligne les parallèles entre Françoise Ega et Carolina Maria de Jésus, écrivaine brésilienne originaire des favelas de São Paulo.

Née en 1914, Carolina Maria de Jesús, autrice du Dépotoir (1960), a livré un témoignage bouleversant de la vie dans les bidonvilles, traduits dans quatorze langues.

À travers leurs écrits respectifs, des bidonvilles marseillais aux favelas brésiliennes, ces deux femmes ont fait de la plume une arme de dignité et de résistance.

Leur œuvre commune a d’ailleurs fait l’objet d’un colloque à São Paulo en août 2025, dans le cadre de l’année France-Brésil, soulignant la portée universelle de leurs combats.

Mémoire vivante des quartiers populaires

Cet hommage, au cœur du Grand Saint-Barthélemy, réaffirme la vitalité culturelle et la puissance de création des quartiers populaires, véritables centres de pensée et de transformation sociale.

Célébrer Françoise Ega aujourd’hui, c’est rappeler l’actualité brûlante de son engagement et la force de son héritage pour les générations présentes et à venir.

Liens utiles

[https://vivreensemble.org/->https://vivreensemble.org/]

[https://vivreensemble.org/francoise-ega/->https://vivreensemble.org/francoise-ega/]

https://africultures.com/structures/?no=5331

https://www.laprovence.com/article/edition-marseille/6463720/mamega-lemancipation-par-leducation.html

https://la1ere.franceinfo.fr/a-la-busserine-dans-les-quartiers-nord-de-marseille-la-memoire-vive-de-la-martiniquaise-francoise-ega-1435022.html

https://guidedumarseillecolonial.org/Francoise-Ega

https://www.facebook.com/comitemamega

https://revistaperiferias.org/fr/materia/carolina-maria-de-jesus-une-autrice-presente/

https://www.presquelune.com/carolina

https://www.lemonde.fr/archives/article/1962/05/19/le-depotoir-de-carolina-maria-de-jesus_2347506_1819218.html

 

Mise à jour :lundi 9 mars 2026
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