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	<title>M&#233;moires en Marche Marseille</title>
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	<description>Le collectif M&#233;moires en Marche Marseille s'est constitu&#233;s d&#233;but 2013 par des militants (nombreux ayant particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de l'ARA radio Gazelle) issus de l'immigration postcoloniale et de la traite de l'esclavage.</description>
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		<title>M&#233;moires en Marche Marseille</title>
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		<title>Intro</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



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&lt;p&gt;Au mois de d&#233;cembre 1986, la France est secou&#233;e par des violences polici&#232;res qui marqueront durablement son histoire politique et sociale, la mort de Malik Oussekine, un &#233;tudiant de 22 ans, battu &#224; mort par des policiers &#224; la suite d'une manifestation contre la loi Devaquet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce crime, survenu en pleine contestation &#233;tudiante, symbolise la d&#233;rive de la r&#233;pression polici&#232;re et met en lumi&#232;re la tension croissante entre la jeunesse et les autorit&#233;s sous le gouvernement de Jacques Chirac. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://memmarseille.fr/-Malik-Oussekine-" rel="directory"&gt;Malik Oussekine&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://memmarseille.fr/IMG/jpg/plaque_malik_oussekine-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://memmarseille.fr/local/cache-vignettes/L500xH455/plaque_malik_oussekine-2-2c8f3.jpg?1769134515' width='500' height='455' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au mois de d&#233;cembre 1986, la France est secou&#233;e par des violences polici&#232;res qui marqueront durablement son histoire politique et sociale, la mort de Malik Oussekine, un &#233;tudiant de 22 ans, battu &#224; mort par des policiers &#224; la suite d'une manifestation contre la loi Devaquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crime, survenu en pleine contestation &#233;tudiante, symbolise la d&#233;rive de la r&#233;pression polici&#232;re et met en lumi&#232;re la tension croissante entre la jeunesse et les autorit&#233;s sous le gouvernement de Jacques Chirac. L'&#233;motion suscit&#233;e par la Malik Oussekine mort provoque une mobilisation nationale sans pr&#233;c&#233;dent, am&#232;ne la d&#233;mission d'un ministre et entra&#238;ne la dissolution d'une unit&#233; sp&#233;ciale de police, les voltigeurs motocyclistes. Cet &#233;v&#233;nement r&#233;v&#233;lera &#233;galement les fractures sociales et politiques profondes d'une soci&#233;t&#233; confront&#233;e &#224; la question de la violence d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plein mouvement &#233;tudiant contre la loi Devaquet, dans la nuit du 5 au 6 d&#233;cembre 1986, Malik Oussekine, 22 ans, est battu &#224; mort par des policiers. Il est &#233;tudiant et avec des probl&#232;mes de sant&#233;, il est sous dialyse. Malik Oussekine se retrouve au milieu d'une manifestation contre le projet de loi Devaquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service d'ordre &#233;tudiant pour la manifestation du 4 d&#233;cembre se renforce, car depuis le 26 novembre, une trentaine de militants d'extr&#234;me droite du Groupe union d&#233;fense (GUD) ont attaqu&#233; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; l'universit&#233; de Jussieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 5 au 6 d&#233;cembre, les voltigeurs interviennent apr&#232;s l'&#233;vacuation de la Sorbonne. Pour rappel, les voltigeurs ont &#233;t&#233; remis en service par Robert Pandraud, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la S&#233;curit&#233; aupr&#232;s du ministre de l'Int&#233;rieur, Charles Pasqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des policiers mont&#233;s &#224; deux sur une moto tout-terrain. L'un conduit et l'autre est arm&#233; d'un &#171; bidule &#187;, grande matraque de bois dur destin&#233;e &#224; faire le vide au passage de la moto. Ils ont pour mission de &#171; nettoyer &#187; les rues apr&#232;s les manifestations en pourchassant les &#171; casseurs &#187;. Cette unit&#233; de police est dissoute &#224; la suite de cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers minuit, trois voltigeurs prennent en chasse Malik Oussekine, qui vient de sortir du club de jazz. Il croise Paul Bayzelon, 26 ans, fonctionnaire au minist&#232;re des Finances, qui rentre chez lui et lui ouvre la porte du hall pour le prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous deux viennent d'entrer quand un des policiers parvient &#224; se glisser &#224; l'int&#233;rieur lui aussi et ouvre &#224; ses deux coll&#232;gues. Selon le t&#233;moignage de Paul Bayzelon, les trois policiers rouent de coups de pied et de matraque, dans le ventre et dans le dos, Malik Oussekine, tomb&#233; &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Bayzelon essaie de venir en aide au jeune, mais il re&#231;oit, lui aussi, des coups de matraque. Il d&#233;clare que les policiers &#171; se sont pr&#233;cipit&#233;s sur le type r&#233;fugi&#233; au fond et l'ont frapp&#233; avec une violence incroyable. Il est tomb&#233;, ils ont continu&#233; &#224; frapper &#224; coups de matraque et de pied dans le ventre et dans le dos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre t&#233;moin &#171; d&#233;crira des taches de sang sur les murs et des &#233;clats de verre des plaques de bo&#238;tes aux lettres bris&#233;es &#187;, tandis que le patron de l'h&#244;tel Stella fait part de policiers &#171; dans un &#233;tat incroyable [...] hurlant des ordres comme &#224; la guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Christopher Hawkins, qui a tout vu depuis sa chambre de l'h&#244;tel Saint-Paul, les policiers &#171; l'ont projet&#233; &#224; plusieurs m&#232;tres et il s'est &#224; nouveau r&#233;fugi&#233; dans le m&#234;me immeuble &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victime est d&#233;c&#233;d&#233;e d&#232;s minuit dans le hall de l'immeuble, r&#233;v&#232;le quatre jours plus tard le rapport du m&#233;decin r&#233;gulateur du SAMU. Selon les m&#233;decins, l'&#233;tudiant souffrait d'une insuffisance r&#233;nale qui induisait une certaine faiblesse physique. Cette information sera divulgu&#233;e par l'avocat de la famille de Malik Oussekine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain, en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, le samedi, une marche silencieuse et pacifique traverse Paris, organis&#233;e par le &#171; comit&#233; de gr&#232;ve de Dauphine &#187;, en m&#233;moire de Malik Oussekine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me samedi 6 d&#233;cembre, Alain Devaquet, choqu&#233; par la violence polici&#232;re, d&#233;missionne. Deux jours apr&#232;s, le projet de loi Devaquet est retir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche au petit matin, la Coordination nationale &#233;tudiante, r&#233;unie &#224; l'universit&#233; de Jussieu, s'est mise d'accord pour une journ&#233;e de deuil le lundi et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le mercredi 10 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT se joint &#224; cet appel le dimanche &#224; la mi-journ&#233;e. La FEN et la CFDT font de m&#234;me peu apr&#232;s. Des manifestations s'improvisent dans plusieurs villes de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats de salari&#233;s participent aux marches silencieuses, qui sont finalement organis&#233;es &#224; la m&#233;moire de Malik Oussekine mais aussi d'Abdel Benyahia, un Alg&#233;rien de 20 ans tu&#233; par un policier ivre dans un caf&#233; le 5 d&#233;cembre. Une manifestation a lieu &#224; Paris contre les violences polici&#232;res &#224; la suite de la mort de Malik Oussekine et d'Abdel Benyahia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, le bataillon des voltigeurs motocyclistes de la police est dissous. Le ministre de l'Int&#233;rieur Charles Pasqua et le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; charg&#233; de la S&#233;curit&#233; Robert Pandraud suscitent alors une controverse en ne condamnant pas l'action de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un entretien au journal Le Monde, Robert Pandraud d&#233;clare : &#171; La mort d'un jeune homme est toujours regrettable, mais je suis p&#232;re de famille, et si j'avais un fils sous dialyse, je l'emp&#234;cherais de faire le con dans la nuit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Malik Oussekine a laiss&#233; des traces visibles en politique ainsi que dans les rangs de la police, et Charles Pasqua, ministre de l'Int&#233;rieur au moment des faits, ira m&#234;me jusqu'&#224; dire que les choix de Jacques Chirac et de son gouvernement dans cette affaire lui ont co&#251;t&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brigadier-chef Jean Schmitt, 53 ans, et le gardien de la paix Christophe Garcia, 23 ans, les deux voltigeurs directement impliqu&#233;s dans sa mort, sont jug&#233;s en cour d'assises pour &#171; coups et blessures ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont condamn&#233;s le 27 janvier 1990 &#224; une peine symbolique &#224; cinq et deux ans de prison avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux policiers &#233;chappent donc &#224; la prison, alors m&#234;me qu'ils &#233;taient rest&#233;s libres durant les trois ann&#233;es qui avaient pr&#233;c&#233;d&#233; le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s la parodie de proc&#232;s [...], je me suis rendu compte que, dans ce pays qui est le mien, o&#249; je suis n&#233;e, je serai toujours une citoyenne de deuxi&#232;me zone &#187;, d&#233;clare bien plus tard la s&#339;ur de la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Malik Oussekine demeure un tournant majeur dans l'histoire contemporaine fran&#231;aise. Elle a suscit&#233; une prise de conscience collective sur la brutalit&#233; polici&#232;re et la n&#233;cessit&#233; d'un contr&#244;le d&#233;mocratique accru des forces de l'ordre. Bien que les condamnations prononc&#233;es aient &#233;t&#233; jug&#233;es d&#233;risoires par la famille et par une grande partie de l'opinion publique, cette affaire a ouvert un d&#233;bat de fond sur la responsabilit&#233; de l'&#201;tat et sur la valeur de chaque vie face &#224; l'institution polici&#232;re. Au-del&#224; du drame humain, le nom de Malik Oussekine reste aujourd'hui encore un symbole de la lutte contre les abus policiers et pour l'&#233;galit&#233; devant la loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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