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	<title>M&#233;moires en Marche Marseille</title>
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	<description>Le collectif M&#233;moires en Marche Marseille s'est constitu&#233;s d&#233;but 2013 par des militants (nombreux ayant particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de l'ARA radio Gazelle) issus de l'immigration postcoloniale et de la traite de l'esclavage.</description>
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		<title>Intro</title>
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		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



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&lt;p&gt;La structure des polices coloniales fran&#231;aises et leurs h&#233;ritages se caract&#233;risent par un croisement institutionnel m&#234;lant des fonctions militaires et polici&#232;res, ainsi que par une violence syst&#233;mique fond&#233;e sur des logiques raciales et r&#233;pressives. Ces caract&#233;ristiques ont des prolongements historiques jusqu'au r&#233;gime de Vichy et au-del&#224;, influen&#231;ant durablement les pratiques polici&#232;res contemporaines en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Structure et fonctionnement des polices coloniales &lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces coloniales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://memmarseille.fr/-Polices-coloniales-francaises-" rel="directory"&gt;Polices coloniales fran&#231;aises &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La structure des polices coloniales fran&#231;aises et leurs h&#233;ritages se caract&#233;risent par un croisement institutionnel m&#234;lant des fonctions militaires et polici&#232;res, ainsi que par une violence syst&#233;mique fond&#233;e sur des logiques raciales et r&#233;pressives. Ces caract&#233;ristiques ont des prolongements historiques jusqu'au r&#233;gime de Vichy et au-del&#224;, influen&#231;ant durablement les pratiques polici&#232;res contemporaines en France.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Structure et fonctionnement des polices coloniales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les forces coloniales formaient un dispositif militaro-policier unifi&#233;, o&#249; l'arm&#233;e et la police partageaient m&#233;thodes et objectifs, notamment le contr&#244;le territorial par des raids punitifs, des massacres et un quadrillage syst&#233;matique des populations colonis&#233;es. Ces pratiques, inspir&#233;es des guerres coloniales, &#233;taient appliqu&#233;es aussi bien dans les colonies que transpos&#233;es en m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple embl&#233;matique est la Brigade nord-africaine (BNA), cr&#233;&#233;e dans les ann&#233;es 1920 en m&#233;tropole pour contr&#244;ler ces populations immigr&#233;es. Elle appliquait des techniques issues de l'Alg&#233;rie coloniale, comme le fichage ethnique et le quadrillage des quartiers, et pr&#233;figurait les Brigades Anti-Criminalit&#233; (BAC) actuelles. Cette unit&#233; recrutait notamment parmi les fonctionnaires coloniaux et utilisait des m&#233;thodes de r&#233;pression politique et sociale similaires &#224; celles employ&#233;es en outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police coloniale &#233;tait compos&#233;e en grande partie d'agents &#171; indig&#232;nes &#187;, recrut&#233;s localement parmi les populations colonis&#233;es, mais ils &#233;taient strictement subordonn&#233;s &#224; une hi&#233;rarchie de cadres fran&#231;ais. Cette organisation r&#233;pondait &#224; une logique qui favorisait le recrutement local pour des raisons budg&#233;taires, mais instaurait une racialisation tr&#232;s marqu&#233;e des pr&#233;rogatives et des hi&#233;rarchies : seuls les policiers fran&#231;ais &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme l&#233;gitimes pour exercer une v&#233;ritable autorit&#233; et disposer de certaines pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait explicitement interdit aux agents indig&#232;nes d'exercer une quelconque autorit&#233; sur les colons. Il &#233;tait impensable, qu'un policier indig&#232;ne puisse interpeller ou sanctionner un colon, m&#234;me en cas de d&#233;sordre manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me colonial instaurait une justice diff&#233;renci&#233;e selon la &#171; race &#187;, les colons disposaient de pouvoirs, y compris le droit de punir arbitrairement les &#171; indig&#232;nes &#187; sans recours &#224; la justice, souvent par des violences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de contr&#244;le incluaient le travail forc&#233;, les amendes collectives et les internements administratifs ciblant sp&#233;cifiquement les populations colonis&#233;es, sous couvert de maintien de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;H&#233;ritages postcoloniaux et continuit&#233;s contemporaines&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les ind&#233;pendances, la structure polici&#232;re coloniale a &#233;t&#233; partiellement recycl&#233;e et perp&#233;tu&#233;e, notamment via le Service de Coop&#233;ration Technique Internationale de Police (SCTIP) entre 1960 et 1990, qui formaient les polices africaines selon des sch&#233;mas r&#233;pressifs h&#233;rit&#233;s de la colonisation. Les ind&#233;pendances n'ont que superficiellement r&#233;form&#233; ces structures, dont les m&#233;thodes persistent aujourd'hui dans des pratiques comme le contr&#244;le au faci&#232;s et le recours disproportionn&#233; &#224; la force polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les BAC sont les h&#233;riti&#232;res directes de la BNA et des Brigades des Agressions Violentes (BAV) des ann&#233;es 1950, qui elles-m&#234;mes ont repris les techniques coloniales de contr&#244;le des populations maghr&#233;bines en m&#233;tropole. Ces unit&#233;s ont maintenu une logique de guerre polici&#232;re contre des populations per&#231;ues comme &#171; ind&#233;sirables &#187;, renfor&#231;ant un contr&#244;le social racialement marqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Le r&#233;gime de Vichy : relais colonial en m&#233;tropole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de Vichy (1940-1944) a instrumentalis&#233; les logiques polici&#232;res coloniales pour appliquer une politique de pers&#233;cution cibl&#233;e contre les Juifs, les Roms, les homosexuels et d'autres &#171; ind&#233;sirables &#187;. Cette collaboration structurelle avec l'occupant nazi s'est traduite par la cr&#233;ation d'unit&#233;s comme la Milice fran&#231;aise, qui reprenaient les m&#233;thodes de contre-insurrection coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fichage ethnique et les rafles syst&#233;matiques, comme la rafle du V&#233;l' d'Hiv en 1942, s'appuyaient sur des m&#233;canismes administratifs d&#233;j&#224; test&#233;s dans les colonies. De nombreux administrateurs coloniaux occup&#232;rent des postes cl&#233;s dans la police vichyste, appliquant une gouvernance par l'exception fond&#233;e sur la discrimination raciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 23 avril 1941 sous Vichy a profond&#233;ment r&#233;organis&#233; les forces polici&#232;res fran&#231;aises en centralisant les polices municipales sous l'autorit&#233; de l'&#201;tat, cr&#233;ant une structure nationale unifi&#233;e. Cette centralisation et hi&#233;rarchisation ont perdur&#233; apr&#232;s la Lib&#233;ration, notamment avec la loi Frey de 1966 qui a int&#233;gr&#233; la Pr&#233;fecture de police de Paris &#224; la Police nationale, consolidant un mod&#232;le policier fortement centralis&#233; et hi&#233;rarchis&#233; issu de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Fonction identitaire et contr&#244;le social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les polices coloniales op&#233;raient un tri ethnique pour asseoir la domination raciale et leur action visait moins &#224; prot&#233;ger qu'&#224; maintenir un ordre racial hi&#233;rarchis&#233;. Cette logique persiste dans les discriminations syst&#233;miques contemporaines, o&#249; l'appartenance r&#233;elle ou suppos&#233;e &#224; des minorit&#233;s d&#233;termine l'intensit&#233; du contr&#244;le policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence polici&#232;re actuelle envers les personnes &#171; racis&#233;es &#171; s'inscrit dans une continuit&#233; historique, r&#233;gul&#233;e par des pratiques h&#233;rit&#233;es des dispositifs coloniaux et du r&#233;gime de Vichy. Ces pratiques ne sont pas accidentelles mais structur&#233;es par un syst&#232;me &#233;tatique qui reproduit et restructure ces modes de contr&#244;le et de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police fran&#231;aise contemporaine porte un h&#233;ritage complexe issu de la p&#233;riode coloniale et du r&#233;gime de Vichy, marqu&#233; par une structure militaro-policier hybride, une justice diff&#233;renci&#233;e selon la &#171; race &#187;, et des pratiques r&#233;pressives syst&#233;matiques. Ces h&#233;ritages expliquent en partie les critiques r&#233;currentes sur les violences polici&#232;res et les discriminations dans le maintien de l'ordre aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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